On parle de nous !

Depuis le printemps dernier, le projet des Sorinières fait l’objet d’un suivi en mode feuilleton de la part de l’association Mobilis. Cette association qui fédère l’ensemble des acteurs du livre en région (auteurs, libraires, éditeurs, bibliothécaires, médiateurs du livre, etc…) vient à notre rencontre une fois par trimestre pour tracer le fil de cette nouvelle bibliothèque en devenir, et ce, dès les prémices.

Claire Loup, autrice de la région, rédige ainsi régulièrement des articles, s’appuyant sur les témoignages des acteurs du projet et son propre ressenti.

Ce mois-ci, focus sur les concertations du printemps, en avant les post-it ! A suivre régulièrement sur www.mobilis-paysdelaloire.fr

https://www.mobilis-paysdelaloire.fr/magazine/actualites/re-naissance-bibliotheque-paroles-habitants-biblioremix-episode-2

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AMBIANCE DE FOIRE !

Le week-end du 13 et 14 octobre, c’est la foire commerciale des Sorinières. La ville y anime un stand comme tous les ans. Et cette année, c’est le projet culturel de la médiathèque qui fait l’affiche. L’occasion de rencontrer les habitants venus en goguette et d’échanger sur le projet. On recueille les avis et réactions de tous ceux qui passent nous voir sur le stand. Des enthousiastes sans réserve, des favorables qui s’interrogent sur la nature des services, le bâtiment et aussi quelques sceptiques, pas forcément convaincus du bien-fondé de l’histoire. Alors on discute, on rediscute et on essaie de faire passer le message d’un service qui ses destine et s’adapte à tous ; on fait la chasse aux représentations d’une bibliothèque remplie d’étagères pleines à craquer et à portée des seuls lecteurs.

Sur le stand, 12 panneaux retracent l’histoire en route de la médiathèque, des enjeux politiques au contenu du projet en passant par les différentes étapes de la concertation. Un petit coin lecture invite les visiteurs à se poser quelques instants avec nous. Et tout au long du dimanche surtout, on propose une animation LEGO, où chacun – enfants et plus grands – est convié à imaginer en direct des éléments de sa médiathèque idéale. Deux grands plateaux de centaines (milliers ?) de pièces sont mis à disposition par la Maison des Jeux de Nantes, qui nous accompagne sur l’animation. Les réalisations sont ensuite présentées sur le stand et au fil de la journée, on voit naître une petite exposition collective. En guise d’introduction, on explique le principe aux participants en s’appuyant sur la maquette réalisée en LEGO par les habitants lors de l’atelier BIBLIOREMIX du mois de juin précédent.

De cette animation, on retiendra bien quelques avions et vaisseaux spatiaux 😊 mais également nombre d’idées innovantes, disons, plus réalisables ou du moins plus en lien avec le projet. Ainsi, en pagaille, une cabine d’immersion 3D, une ferme de lecture pour le jardin, où viendraient poules et lapins, une éolienne pour rendre le bâtiment autonome sur le plan énergétique, un espace café, un siège ergonomique pour jouer aux jeux vidéo… Petit aperçu en images des productions du week-end !

Welkom in de bibliotheek !

Le projet culturel de la médiathèque a donc été voté fin septembre (voir article précédent)… Il va s’agir maintenant de communiquer sur son contenu le plus largement possible, de faire connaître les ambitions de la démarche et les services que l’on souhait mettre en œuvre. Dans le même temps, les étapes du projet s’enchaînent, et commence la phase dite de programmation, qui va fixer les conditions techniques que le ou la futur.e architecte chargé.e de construire le bâtiment devra respecter (volumes, surfaces, aménagements…).Plus que jamais, il est nécessaire d’ouvrir les yeux sur les modèles de bibliothèque que l’on trouve aujourd’hui, sur les réflexions engagées par la profession. Si la feuille est blanche pour l’instant, nous allons bientôt l’encrer et il n’est pas question de passer à côté de telle ou telle tendance d’aménagement, solution en termes de circulation, etc…

C’est pourquoi nous passons un peu de temps à visiter des réalisations récentes, rencontrer des collègues et prendre des informations à droite ou à gauche. J’ai eu la chance récemment de participer à un voyage d’étude organisé et financé par la Bibliothèque Publique d’Information au cours duquel nous avons visité 6 bibliothèques en Belgique, aux Pays-Bas et dans le Nord de la France. Le Nord de l’Europe constitue, de longue date, un centre bouillonnant de l’innovation en bibliothèque. Et le réseau des bibliothèques d’Amsterdam, une référence (parfois controversée…) dans la conduite des politiques de lecture publique.

Remarquables pour leurs aménagements, les bibliothèques publiques néerlandaises, et ce quelle que soit leur taille favorisent la mise en place d’ambiance « comme à la maison ». Mobilier de qualité souvent en matériau naturel, fauteuils douillets et lumières apaisantes, tapis, grands espaces de séjour, étagères posées contre les murs pour donner l’image de la bibliothèque de votre salon… Tout cela confère une ambiance chaleureuse, propre au ressourcement des personnes qui visitent l’endroit. Élément incontournable, et même central : le bar-restaurant ! C’est souvent par là que l’on commence la visite d’une bibliothèque aux Pays-Bas. On y mange et on y boit un café bien entendu, mais on peut librement se déplacer avec les collections de la bibliothèque dans ces espaces, sans risquer d’être mis à l’amende 😊. Une des bibliothèques de quartier d’Amsterdam a même poussé la démarche jusqu’à transformer son espace en un café global, et propose une banque d’accueil, à la fois espace de commande et lieu de prêt, où les bibliothécaires ont suivi une formation en service de bar. A Delft, une autre ville hollandaise, la bibliothèque Open DOK Center invite des cuisiniers indépendants à faire le menu chaque semaine. Issus de communautés linguistiques et culturelles multiples, ils proposent un éventail varié des saveurs de leurs origines et contribuent à faire vivre le lieu dans une ambiance chaque fois renouvelée. La convivialité d’abord, voilà le maître mot !

Pour favoriser la rencontre, il faut bien sûr que les bibliothèques soient ouvertes largement. Et pour le coup les amplitudes horaires donnent des complexes… 94h par semaine à la centrale d’Amsterdam, avec une ouverture 7j/7, la plupart du temps de 10h à 22h. Et près de 50h dans les petites bibliothèques de quartier, également 7j/7. On dira que c’est un autre système, mais il faut avouer que cela laisse rêveur…

6 bibliothèques donc et 4 villes en tout, possédant chacune une identité particulière. Et c’est une force des bibliothèques du Nord. Chaque structure est repérée et se singularise grâce à des démarches de communication très abouties. Que ce soit à Gand en Belgique avec la bibliothèque De Krook, sur le réseau OBA des bibliothèques d’Amsterdam, au DOK center de Delft ou à LILLIAD à Lille, chaque bibliothèque a développé sa « marque ». Cette démarche, qui peut s’apparenter à du marketing, ne trahit pourtant pas la mission de service public et d’accueil large que ces établissements posent en fer de lance. Elle permet simplement d’identifier le service auprès du public, et favorise la création d’une communauté autour de cet établissement. On ne va plus à la bibliothèque d’Amsterdam, mais on va l’OBA car on se reconnaît dans l’ambiance et les services de ce lieu en particulier. Le rapprochement avec chaque individu, la possibilité de vivre une expérience singulière dans un espace où l’on se sent bien, dont on comprend les codes, et dont on sait qu’il va prendre en compte nos éventuelles demandes, tout cela s’incarne notamment dans la politique de marque développée par les bibliothèques. Ainsi, cela fonctionne de pair avec une volonté des bibliothèques de répondre aux besoins de sociabilité des habitants, en développant les usages sur place, l’objectif premier de tout tiers lieu, espace de vie intermédiaire entre la maison et l’activité professionnelle.

A voté !

Jeudi 27 septembre, le Conseil municipal des Sorinières a adopté le projet culturel de la future médiathèque de la ville.

Ce vote clôt officiellement la première partie du travail, à savoir définir les orientations et les services attendus dans le nouvel établissement. Si ce moment clôt une étape, il en ouvre une autre immédiatement … Place désormais à la communication large sur le contenu du projet et lancement de la concertation pendant la phase suivante, la réalisation du « programme », étape essentielle qui permettra de traduire d’un point de vue technique les souhaits formulés dans le projet culturel.

Mais avant cela, un mot sur ce projet culturel justement, qu’est-ce donc ? et d’où cela vient-il ?

Sans le décrire dans le détail – vous trouverez le texte intégral ici et feuilletable à la fin de ce billet -, le projet culturel est un document qui formule les objectifs de la médiathèque que l’on va construire. Comment y accède-t-on ? Que peut-on y faire ? Y aura-t-il des livres, des jeux, des vidéos ? Quelles seront les animations programmées ? Travaillera-t-on avec les écoles, les services de la jeunesse ? Et puis à quoi cela peut-il ressembler tout ça, en termes d’espaces, de temps d’ouverture, d’ambiance même… ? Bref, on essaie de décrire par le menu notre nouvelle médiathèque ; l’enjeu, c’est qu’à la lecture du document, on commence à la voir justement, à l’envisager concrètement.

UN PROJET MURI DANS LA CONCERTATION

Bien entendu, il ne s’agit pas de faire sortir le texte du chapeau, grâce à quelques bonnes idées que l’on secoue, et après avoir renversé le mélange, constater ce que l’on trouve… Non, évidemment le projet culturel est mûri, au long des étapes que vous avez pu suivre sur le blog et et celles qui ont même précédé mon arrivée. La médiathèque bénéficie de plusieurs lieux de réflexion : un panel d’habitants, d’abord, qui a participé et continuera de participer à des concertations aux différents moments de la conception du projet ; une équipe bénévole et salariée, qui contribue à la réflexion sur les services, visite des bibliothèques, etc ; un comité de pilotage d’élus enfin, qui assure les arbitrages autour du projet et garantit la transparence de la démarche. Au printemps 2018, l’ensemble de ces parties prenantes a donc été mobilisé pour contribuer à l’écriture du projet culturel. Ajouté à cela un diagnostic sur le service de bibliothèque aux Sorinières et des éléments de contexte sur les bibliothèques contemporaines en général, une matière riche devenait disponible pour écrire le projet des Sorinières.

Alors quel est-il ce projet ? D’abord, son contenu n’est pas strictement culturel, il s’agit aussi et surtout d’un projet scientifique, éducatif, social. Scientifique, parce qu’il doit formuler des éléments techniques (nombre de documents, surfaces…) et se base sur une démarche diagnostic d’observation du territoire. Educatif, car il s’inscrit au coeur des politiques d’accompagnement de la jeunesse sur la commune :  liens avec les établissements scolaires bien sûr mais également avec l’ensemble des structures de jeunesse de la petite enfance jusqu’à l’entrée dans l’âge adulte. Il est éducatif également dans la mesure où il met en place les conditions d’un apprentissage personnel tout au long de la vie. Social enfin, parce qu’il positionne la question de l’accès et de l’accompagnement des personnes isolées ou éloignées du livre au centre de ses préoccupations.

DES FINALITES

Le projet culturel de la médiathèque définit, on l’a dit, les espaces et services qui composeront le nouvel établissement. Il contribue à la mise en œuvre des politiques publiques conduites par la municipalité. En ce sens, le projet architectural et les actions qui seront menées à la médiathèque s’inscrivent dans les finalités suivantes :

L’émancipation culturelle de la population

  • La médiathèque est un lieu de ressources, elle est également un lieu de ressourcement. Les fonctions d’accueil et l’accès favorisé aux collections et animations proposées accompagnent les usagers dans un parcours libre de découverte et de connaissance du monde.

La réduction des inégalités sociales et culturelles

  • La médiathèque travaille à lever un maximum de freins à l’accès à ses services. Autant symboliques que physiques ou financiers, ces freins accentuent les inégalités d’accès à la ressource culturelle et empêchent le développement d’un véritable service au bénéfice des citoyens.

La cohésion du territoire

  • La médiathèque est un lieu de rencontre pour l’ensemble de la population. Ses espaces et services encouragent la rencontre des citoyens de toutes origines et favorisent les liens intergénérationnels

La transformation urbaine de la ville

  • La médiathèque participe de l’extension du « centre-ville ». Equipement structurant au sein d’un ensemble de logements et d’autres équipements publics, la médiathèque favorise l’animation d’un espace urbain et invite à de nouvelles formes de circulation dans la commune.

Le rayonnement de la ville 

  • Comme projet architectural et comme équipement culturel, la médiathèque porte une forte valeur symbolique. Elle constitue également un élément d’attractivité du territoire, par les services de proximité qu’elle propose. Elle est un espace singulier de la ville des Sorinières, en proposant un service qui lui est propre et contribue à la qualité de la vie dans la commune.

DES AXES DE DEVELOPPEMENT

Pour parvenir à ces finalités, il a été décidé de travailler autour de cinq axes fondamentaux, qui fondent l’action de la future médiathèque:

  • l’accès : quelle tarification ? quels horaires ? comment proposer une image rassembleuse et ouverte de ce établissement culturel ? quelles mesures en faveur de l’accessibilité?
  • l’accueil : quels espaces ? quelles solutions pour la cohabitation des usages ? quelle diversité de publics ?
  • la découverte et l’information : quelle offre documentaire et d’animations bien entendu ? quels services numériques ?
  • le « jardin » : jardin pour de vrai comme extérieur à la bibliothèque et jardin personnel, contribution de chacun à l’activité du lieu
  • le pilotage : comment faire évoluer la gouvernance de la médiathèque pour associer au mieux l’ensemble des parties prenantes : des usagers aux élus en passant par les bénévoles et l’ensemble des services de la commune.

ET MAINTENANT…

Bien entendu, tout cela ne fait donc que commencer… Maintenant que nous avons en main la feuille de route, il va falloir la suivre, la route. Et faire évoluer ce document qui a encore 4 ans pour se nourrir des contributions, expériences et nouveautés qui font d’un projet culturel une machine en bouillonnement permanent. Plus concrètement, on va également se pencher sur les questions techniques. Comment faire pour réaliser tout ça, quelle surface, outil, volume attribuer à telle ou telle fonction de la future médiathèque ? La phase de programmation commence donc, et avec elle se poursuivent les visites de médiathèques et rencontres avec la population, au coeur de la démarche.

Éloge de la participation en bibliothèque… Où il est bon parfois d’entendre les bretons :)

Ce jeudi 19 juillet, suite des « voyages scolaires » pour aller voir chez les autres comment ça marche une médiathèque. Au programme, deux lieux chaudement recommandables : le centre culturel Le Grain de Sel à Séné, dans le Morbihan (une commune du Golfe, qui touche Vannes, et dont la médiathèque offre une vue sur le bras de mer… Idyllique !) et la médiathèque Phileas Phogg de Saint-Aubin-du-Pavail, près de Rennes (une commune de 800 habitants au cadre bucolique, dont la médiathèque est le véritable poumon d’activité). Cette fois, l’enjeu n’est pas spécialement de découvrir un bâtiment ou une architecture mais plutôt de comprendre comment peut fonctionner un lieu sur un mode participatif, impliquant les habitants au maximum. Des habitants qui deviennent à leur tour acteurs et promoteurs de l’établissement et de ce qui s’y raconte.

A Séné comme à Saint-Aubin, l’éducation populaire est une valeur fondatrice : on apprend donc des ressources documentaires qui sont proposées mais aussi des gens qui se rencontrent là et contribuent à l’animation du lieu. On peut dire « crowdsourcing » pour faire bien, à Séné, on parlera volontiers de bibliothèque vivante. C’est ainsi qu’au milieu des notices du catalogue, parmi les derniers Musso et autres livres de Michel Cymes, on va retrouver le profil d’un habitant, qui possède une compétence, un savoir-faire, une passion et souhaite la partager. Le Grain de Sel crée des temps particuliers où ces personnes se rencontrent et proposent un échange de savoirs. Et pour incarner tout cela et le faire fonctionner même en dehors du centre culturel, un réseau social a été mis en place avec la plateforme Steeple, où les habitants peuvent s’inscrire et proposer leurs services. En un an, près de 500 contributeurs ont été dénombrés sur le réseau. Autant de rendez-vous et d’occasions de créer du lien sur la commune, dans une vision large de l’idée de culture. En fait, tout ce qui fait et anime une personne est culture. Et légitime à partager. L’ouverture est ici un choix politique et s’incarne aussi par la gratuité universelle d’accès à l’ensemble des services. En place dans le hall du centre également une zone de gratuité, où les personnes peuvent proposer des objets et livres en dons ; c’est aussi là qu’on retrouve la grainothèque du coin. Et si l’envie prend de boire un café au passage ou de faire réchauffer son repas à midi, la zone de bar ou la terrasse panoramique sont à disposition. Un lieu de vie, on vous dit !

 

Le partage de savoirs s’invite également dans la programmation culturelle du lieu, ainsi le Grain de Sel mobilise les habitants à travers ce qu’ils appellent des GLOP (pour Groupe d’Orientation de La Programmation). Des habitants qui font partie d’un comité de programmation mixte, chargés d’aller voir des artistes et ensuite de défendre leurs choix pour les voir proposer la saison suivante. Et pour ne pas s’arrêter à l’activité sur place au Grain de Sel, des actions hors les murs volontaristes sont mises en place, comme les itinérances de ce vélo électrique avec une charrette pleine de livres, sources d’histoires à raconter, et d’habitants à rencontrer.

 

Le hors-les-murs, c’est aussi un principe à Saint-Aubin-du-Pavail, où la médiathèque implantée dans un espace vert de la commune, semble ne même pas en avoir, de murs, tant elle est perméable à l’activité du village. J’avais entendu parler de longue date de Gildas, le responsable du lieu ; sans le vouloir, il est presque devenu une figure parmi les bibliothécaires 😊 En 2 heures de rencontre avec une élue de la commune et lui, on ne parviendra pas à faire le tour des actions culturelles, concerts, performances artistiques et autres rendez-vous qu’il parvient à organiser depuis près de dix ans. Ici le 3ème lieu n’est vraiment pas une formule vide de sens. La convivialité et la conviction dans un projet commun sont au centre de tout. Avec une équipe de 20 bénévoles et un réseau de personnes ressources qui semble infini, Gildas construit pour de vrai une utopie de bibliothèque, un lieu qu’on voudrait tous connaître à côté de chez soi. Où le dialogue permanent, l’observation des pratiques, la confiance dans les initiatives de chacun sont les vrais moteurs. Et si la bibliothèque peut alors se transformer en un lieu-tout, ce n’est pas un lieu fourre-tout, car ce qui compte c’est le cheminement de chaque projet, le temps passé à réaliser ensemble et les contacts, relations humaines que cela engendre. Gildas nous le dit, des initiatives, des assos sont nées entre les rayonnages de la bibliothèque, d’une rencontre entre usagers qui s’entendent pour démarrer quelque chose ensemble. Cet état d’esprit influe aussi sur la conception, très ouverte, qu’il promeut du bénévolat en bibliothèque. Ainsi, chaque volontaire vient pour faire l’activité de son choix, sur le temps de son choix, du moment que cela contribue à faire vivre la dynamique. Et si c’était ça en fait l’inclusion… ?

 

Une leçon à tirer de tout ça en tout cas, c’est qu’au cœur des projets de Séné et Saint-Aubin, la connaissance des individus est primordiale. La proximité est ici une valeur concrète où l’affect, l’empathie sont des préalables à la mise en œuvre et la pérennisation de projets effectifs. Et il en est ainsi des repair-cafés, des ateliers de couture, des acquisitions confiées à des personnes ressources dont le domaine de compétence croise les besoins de la bibliothèque.

Séné comme Saint-Aubin-du-Pavail sont la preuve qu’une bibliothèque est un projet ancré dans son temps, non pas figé sur des représentations impossibles à bouger mais bien à l’écoute de son environnement. Des lieux et des personnes qui font vivre une culture ouverte, sans injonction et sans carcans. Si si si, ça existe, et c’est tout près de chez nous 🙂

 

Réaménagement, épisode 1 : l’atelier

Une évidence d’abord : aller à la bibliothèque, c’est se rendre dans un lieu… Si possible un lieu agréable, où l’on est bien accueilli, où l’on trouve ce que l’on cherche… et ce que l’on ne cherche pas 😊 Et tant de choses encore. Aménager cet espace devient vite fondamental et peut se révéler un joyeux casse-tête. Parmi les évolutions prévues pour la bibliothèque actuelle, le réaménagement fait partie des projets importants. Cela permet de réfléchir aux services et à leur accès, et dans une période où l’on prévoit un nouveau bâtiment dans quelques années, c’est aussi un petit tour de chauffe pour identifier les problématiques à ne pas écarter dans cet exercice un peu périlleux.

Le 16 juin, on organise un atelier avec la participation de mes deux collègues Cathia et Laurence et de 5 bénévoles parmi les plus impliqués dans la vie de la bibliothèque, Patricia, Christelle, Anne-Sophie, Sylvie et Samuel.IMG_1907

On commence par identifier ensemble le maximum de services, outils et espaces que l’on souhaiterait voir dans la bibliothèque. Ce qui ne nous plaît plus dans l’aménagement actuel. Les freins à l’utilisation des locaux pour certains de nos usagers. Comment accueillir les plus petits ? Les plus anciens ? Comment fait-on pour que ce soit accessible ?

Une fois ce défrichage réalisé, on passe aux plans ! On sort donc les plans à l’échelle, les briques de lego, les crayons, le scotch et c’est parti pour une bonne heure de bricolage. On essaie de repérer les besoins en rayonnage aussi ; quelle offre documentaire souhaite-t-on proposer aux usagers ? Pendant l’atelier, on s’affaire, on essaie. Un siège par ici, un tapis par là. « Mais on a oublié l’espace pour les documentaires ! comment va-t-on faire tout tenir ? n’oublions pas la zone d’accueil ! »

Que du concret, qui nous permet d’identifier ce qui est vraiment important et là où il va falloir arbitrer, car on ne poussera pas les murs…

Au final, une après-midi riche de réflexion avant la prochaine étape… La synthèse !!

Rendez-vous en septembre pour la proposition d’un plan d’implantation et la préparation du réaménagement pour janvier.

Vive le BIBLIOREMIX !

Au cœur du projet de médiathèque, on retrouve l’envie d’une contribution de la population, d’une construction collective des services à proposer dans ce nouvel équipement. Cela a commencé avec les concertations du printemps 2017 mais loin de se limiter à quelques rencontres inaugurales, le projet doit se développer en permanence en tenant compte de cette dynamique. C’est pourquoi un atelier « BIBLIOREMIX » a été organisé le plus tôt possible en associant des citoyens issus du panel mobilisé au départ.

Oui mais c’est quoi un BIBLIOREMIX… ?

Une recette, une méthode, une animation, … Un peu tout cela à la fois. D’abord, on rassemble un groupe de 15 à 20 personnes aux profils variés autour d’un animateur-facilitateur : ici Benoît Vallauri, directeur du Ti’Lab, laboratoire d’innovation des politiques publiques en Bretagne ainsi que des citoyens aux origines diverses, des bibliothécaires (notamment de la Bibliothèque Départementale, encore eux 😊 mais ils sont incontournables) et des élèves de l’école de design de Nantes. En partant de rien, on s’interroge sous la forme d’un brainstorming sur ce que peut être une bibliothèque, ce qu’on y fait, ce qu’on s’y interdit, ce dont on rêve, ce qu’on en perçoit en termes d’utilité publique, etc… A l’issue de cette réflexion collective intense, le groupe est noyé sous les post-it, qui regorgent d’idées, utilisables ou non. Vient le moment du « tri » et on en vient assez vite à dégager des univers d’idées, des tendances qui vont nous permettre d’affiner la réflexion : s’intéresse-t-on à l’accueil, au jeu, au lien à la nature, à un service de portage etc etc…

Et puis on vote : chacun se positionne sur un univers qui l’intéresse plus particulièrement, cela crée naturellement des groupes et nous voilà en route pour le deuxième temps du REMIX : la création et le prototypage du service. Mais avant cela, il faut recharger les batteries…

Après une petite remise en jambes, on part donc à la recherche du service à créer dans son univers : réflexion sur les besoins et attentes de la population, à quoi cela sert-il ? A qui se destine le service ? De quelles ressources a-t-on besoin ? Alors là ça cogite, ça dessine, ça projette… Et les designers sont d’une grande aide. En quelques minutes, les idées du groupe prennent forme, trois coups de crayon, un croquis, un storyboard.

Les groupes se présentent ensuite leurs idées avant de retourner affiner les projets et les faire pousser sous forme de maquettes de lego et kapla, de bandes dessinées où on retrace un « scénario d’usage », c’est-à-dire le parcours complet d’un usager fictif dans la future médiathèque ou encore de croquis détaillés, accompagnés d’un véritable mode d’emploi. Au final, on découvre :

  • Un espace documentaire ludique en formes de toboggans, piscines à balles et ponts de singe pour accéder aux documents différemment, dans une expérience de jeu
  • Une pièce modulable, utilisables par les usagers eux-mêmes et qui sera propice au développement d’activités autant manuelles que de lecture. Une véranda peut-être
  • Une vision de l’extérieur de la bibliothèque, qui communique par le biais d’une verrière avec les espaces de lecture et permet le déroulement d’activités à l’air libre sans pour autant sortir de la médiathèque elle-même. On y trouve un kiosque à musique, peut-être un jardin partagé

Tout cela est très enthousiasmant ! Y a plus qu’à a priori !

A la fin de la journée, le groupe est épuisé mais l’ambiance au beau fixe. Ce genre de moments est très stimulant. Quant à moi, un peu de travail de synthèse à venir et une présentation détaillée de la méthode et des projets conçus le 26 juin en comité de pilotage. Place au temps politique pour digérer tout ça et essayer d’en retenir le maximum !